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LE BENEVOLAT

 

Une des raisons du bénévolat est le fait associatif . A l’heure actuelle il représente une force de 11 millions de personnes . Qui d’autre que les associations peut mobiliser une telle énergie sociale ? En effet , sur les treize millions de bénévoles que compterait notre pays,
onze millions sont engagés dans le mode associatif , les autres sont dans des structures différentes comme des mairies , hôpitaux  ou même des entreprises . Contrairement à ce que l’on pourrait croire , l’humanitaire n’est pas ce qui attire le plus , il est dépassé par le sport , la culture , les loisirs .
Pouvons-nous pour autant nous satisfaire de ce constat ?
           Je ne veux pas réduire la vie associative à sa seule dimension bénévole entendue comme un acte de générosité ou d’une occupation . Il ne faut pas oublier que le bénévole , « le vrai » s’engage dans une structure sur la base d’un contrat moral qui le lie à un projet et une administration collective . Le bénévolat est un engagement citoyen , militant et politique . La démocratie participative et représentative est une réalité quotidienne pour ces millions de bénévoles qui agissent pour changer ou améliorer les choses . La vie associative ne peut être réduite à sa seule dimension bénévole entendue comme un acte de générosité ou d’une occupation .
           Je classe personnellement le bénévolat en plusieurs ordres :
                   Le bénévole gentil toujours prêt à rendre service tel que les parents accompagnateurs des sorties scolaires . Les parents qui se mettent à la disposition d’un club de sport pour emmener les joueurs sur le lieu du match ou prodiguer des conseils voir même diriger des séances d’entraînement . Il est constaté que ce bénévolat s’effiloche peu à peu au fur et à mesure que les enfants grandissent . Il est évident que sans ces animateurs , les petits clubs ne pourraient vivre . Notons que les très grands clubs ont aussi leurs bénévoles qui constituent souvent une partie du conseil d’administration mais là !.. vous me permettrez de douter de la probité de certains  d’entre eux .
                   Parlons maintenant du bénévole qui veut transmettre son savoir , ses dons, ses aptitudes . Ce sont de braves gens fidèles et consciencieux qui se dévouent pour encadrer dans les associations les sections de théâtre , de gym , randonnées et divers ateliers . Pour ces bénévoles le plaisir les guide , ils pratiquent un transfert de leurs aptitudes vers les adhérents de la section avec l’espoir de donner « l’envie ». Pour ces bénévoles , la pratique de ces activités demande du temps, des compétences, un engagement régulier et une grande dose d’altruisme .
                   Il y a un genre de bénévoles qui déclenche chez moi le plus grand respect ce sont ceux qui adhèrent a des associations qui s’occupent d’alphabétisation , d’aide aux handicaps et à la vieillesse , de secours alimentaire , d’écoutes téléphoniques etc… Pour tous ces bénévoles c’est le cœur qui parle et qui agit . Ce sont des personnes d’une grande générosité, d’humanité et de bienveillance . Leurs motivations vont bien au-delà de la simple satisfaction de se sentir utiles .       
                   Voyons un autre cas , le militant bénévole . Ces citoyens ont déjà au départ des idées , un idéal ,  bien ancrés au plus profond d’eux même qu’ils s’efforcent de faire partager et bien souvent de défendre . Je pense que l’on ne peut pas opposer militantisme et bénévolat . Il s’agit toujours d’un engagement avec une valorisation de l’individu lorsqu’il rejoint un collectif  . Rappelons le , engagé ne veut pas dire embrigadé .
Ce mode de bénévolat est souvent considéré par les plus jeunes d’archaïque c’est bien possible !.. Il me semble que cet archaïsme ne conduisait pas à l’individualisme et au désinvestissement des formes traditionnelles d’actions collectives .
Il y a quelques décennies lorsqu’on évoquait le bénévolat militant , on était dans l’idée que la structure collective était elle même porteuse d’un sens et d’un projet et que l’individu y trouvait son identité . Maintenant , un bénévole va plutôt réfléchir à l’utilité de son engagement pour lui-même et le besoin d’y trouver un résultat qu’il peut s’approprier .
                   J’ai lu que Mr Hazan ( directeur des éditions la fabrique et membre fondateur de l’association médicale Franco-Palestinienne ) Je disais donc que Mr Hazan n’aimait pas le mot militant car il évoque en lui : la bonne conscience , la certitude d’avoir toujours raison , le refus des opinions différentes . Je préfère le terme « partisan » . Ce monsieur aurait dû visiter la ligue de l’enseignement il aurait côtoyé des « partisans » militants bénévoles qui savaient pratiquer la laïcité et la tolérance .
La responsabilité fait-elle fuir ?..
Les associations subissent-elles une crise du bénévolat ?.. Pour la plupart des associations ou organisations , cette crise qui dure depuis quelques années, signifie qu’elles ont des difficultés à trouver de nouveaux bénévoles qui acceptent des responsabilités . Toutes les associations doivent réfléchir au moyens de mieux accueillir et accompagner les personnes qui s’engagent dans de nouvelle forme de bénévolat . Les raisons et les manières de s’engager ont-elles tant évoluées depuis le vote de la loi de 1901 ?.. Il y a certainement l’apparition d’une demande de participation nouvelle et moins contraignante qui fait évoluer la forme de l’engagement .
Le manque d’engagement des jeunes ,et la difficile et ingrate quête de nouveaux bénévoles et dirigeants sont des thèmes récurrents dans le secteur associatif . Certains parlent de crise de l’engagement , de l’inconstance des jeunes et des moins jeunes , pourtant il y a une perception plutôt positive de l’engagement . Le concept actuel est que :
                             S’engager, permet de renforcer l’estime de soi , sortir du cadre familial , de s’ouvrir à d’autres horizons et d’être reconnu socialement . C’est bien !.. C’est beau !..mais le militantisme de cœur fout le camp . . . Comment expliquer qu’il y a plus d’associations qui se créent et de moins en moins d’adhérents . La diversification des choix d’activités augmentant,
Les associations sont de plus en plus sollicitées pour proposer des structures d’animations que l’on vient consommer .
Actuellement , les associations disposent d’une expérience de terrain , d’une connaissance des besoins du public , des moyens à mettre en œuvre qui en font des interlocuteurs incontournables des pouvoirs publics dans l’élaboration , de la gestion ou de  l’évolution des politiques de culture , de loisir et de sport . Dans ce domaine d’actions publiques , le rôle des bénévoles est décisif . Porteurs des valeurs des fédérations et des mouvements associatifs , les bénévoles sont les plus à même de remplir ces missions .
Les obligations légales ou administratives sont de plus en plus nombreuses et compliquées , il est donc nécessaire de s’orienter vers le professionnalisme . Au –delà du schéma caricatural de la relation inéluctablement conflictuelle entre salariés compétents et exécutants et le bénévole porteur des valeurs et décideur , on assiste à l’émergence d’un nouvel esprit de l’associatif . Les compétences et les valeurs peuvent être portées indifféremment par les salariés ou les bénévoles .   

                        Jacques RAVERY   Membre du Cercle