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Certes l’élévation du niveau culturel de notre pays est indéniable. Mais à quel prix ? Années après années, les rapports officiels, les travaux de recherche et les analyses des acteurs éducatifs se succèdent pour dire la même chose : la cote d’alerte est atteinte, notre système scolaire est injuste car fait pour la moitié des élèves. L’Ecole est pour l’essentiel consacrée au tri des meilleurs par une compétition cruelle en son sein et dans la société, et concède aux vaincus du mérite les miettes d’un soutien inefficace et culpabilisateur. C’est ce qui nourrit les difficultés et l’ennui croissant des élèves, la souffrance de ses personnels et l’angoisse des parents.
Espace protecteur, émancipateur, et lieu d’apprentissage de la citoyenneté démocratique, l’Ecole doit être missionnée pour assurer l’acquisition de savoirs pour tous les enfants et les jeunes. Institution de la République, lieu de travail culturel et de vie collective, ouverte sur les territoires et le monde, l’Ecole doit faire naître et entretenir le plaisir d’apprendre et les pratiques de la solidarité. L’Ecole apprend à penser, à être et à faire, par soi même et avec les autres.
Elle doit le faire dans un contexte de production incessante de connaissances, de profusion des sources de diffusion avec les technologies numériques et d’individualisation, qui l’oblige à penser autrement l’appropriation des savoirs.
Mais surtout l’Ecole doit le faire en contribuant pleinement à assumer les changements de notre époque afin de préparer les générations actuelles et futures à prendre en charge les enjeux communs à l’humanité : enjeux sociaux, écologiques, économiques, démographiques, culturels, scientifiques, technologiques et éthiques. Il n’y a pas de réponses toutes faites à ce défi. C’est la grandeur et l’enthousiasme d’une politique publique et démocratique d’éducation qui permettra de les construire, avec une Ecole refondée.
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